
Juin 1995 - ECOLE SPECIALE D'ARCHITECTURE - 254, BD RASPAIL 75014 PARIS
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2. Constat n°2: Crise d'une profession: Architecte |
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Quel est ce marasme?Dérives de la production architecturale en manifestes, la baisse de la commande fait que les architectes s'investissent beaucoup plus personnellement dans chaque projet oubliant parfois pour qui est destiné le bâtiment. Baisse de considération de l'opinion des architectes, qui ne sont plus sollicités pour donner leur avis. Il est extrêmement difficile de quantifier l'architecture, elle est un art et cela les décideurs ont du mal à l'admettre, l'architecte comme homme de l'art ne devrait pas à avoir à justifier son architecture. Un peintre, un écrivain ou un sculpteur sont-ils systématiquement obligés de se justifier? Les concours d'architectures: ils ont été en partie institués pour permettre l'accès des jeunes architectes à la commande publique, mais ils ont un effet pervers: ils éclipsent complètement le lien de confiance entre architectes et maîtres d'ouvrages. Auparavant, les architectes et leurs maîtres d'ouvrages apprenaient à se comprendre et à travailler ensemble, aujourd'hui cela doit se faire en un seul projet pour la durée seule de ce projet. Le manque de cohésion des architectes, renforcé par la mise en compétition systématique. La disparition de la petite commande privée. La démission de beaucoup d'architectes devant les contraintes techniques. Cela a donné un rôle beaucoup plus important aux entreprises générales. Ces dernières se sont équipées pour répondre aux demandes d'études, empiétant ainsi sur les fonctions des architectes. Aujourd'hui il devient très difficile de faire marche arrière. Ingérence de la politique et de l'économie dans toute les décisions: la commande publique étant presque par définition un acte politique, il faut que ce soient des politiques qui prennent les décisions quantitatives mais les gens de l'art devrait avoir les mains libres quant aux décisions qualitatives, il est un peu étonnant que ce soient des personnes n'ayant aucune formation en architecture et n'ayant pas toujours un niveau de culture architecturale suffisant qui jugent les projets. Que doit être la profession d'architecte?L'architecte est celui qui rassemble toutes les exigences et en fait la synthèse harmonieuse pour proposer une solution satisfaisant au mieux les besoins. Il effectue un travail de création, c'est ce qui le différencie des urbanistes, économistes,..., qui eux sont des analystes. L'architecte doit-il intervenir dans le processus décisionnel du développement urbain? Si les décisions concernant la ville en général reviennent aux élus, la consultation des architectes dans le cadre d'équipes pluridisciplinaires de réflexion devrait être systématique. L'architecte a-t-il les compétences pour comprendre la ville en général? En ce qui concerne la gestion et le côté purement technique, peut-être pas, à moins qu'il n'ait reçu une formation, mais il est parmi les mieux placés en ce qui concerne la qualité de la vie dans la ville. |