LE DIPLOME

Juin 1995 - ECOLE SPECIALE D'ARCHITECTURE - 254, BD RASPAIL 75014 PARIS


 

1. Constat n°1: La crise de la ville

 

Pourquoi une ville en crise - les symptômes

L'évolution naturelle des villes, qu'elle s'effectue de façon continue ou par à-coups, conduit nécessairement à des adaptations et à des remises en cause des existants, qui constituent autant de crises passagères ou plus durables.

Cet état permanent de crise reflète les relations conflictuelles entre les habitants, inhérentes au facteur de proximité du milieu urbain.

Des événements importants tels que les grandes épidémies, les guerres, les révolutions, les grands incendies ont aussi constitué des crises graves qui ont parfois complètement remis les villes en cause.

Mais aujourd'hui on entend régulièrement que cette crise permanente de la ville traverse une phase critique. On se trouve effectivement dans une situation économique mondiale grave.

Un changement dans la manière d'aborder l'urbanisme est attendu malgré qu'il soit encore à cette heure difficile d'appréhender simplement et globalement les causes et les conséquences de cette crise. Le phénomène est particulièrement complexe et fait intervenir un grand nombre de facteurs dépendant de la sensibilité humaine.

Malgré ces difficultés, on peut tout de même isoler un certain nombre de symptômes révélateurs de cette aggravation de la situation:
- les habitants désertent les centres-villes devenus trop chers, laissant derrière eux la place à un secteur tertiaire proliférant au-delà des besoins réels. Il en résulte des quartiers entiers d'immeubles de bureaux qui ne vivent que la journée, et deviennent de véritables no-man's land pendant la nuit et les week-ends (exemple: la Défense à Paris, la City à Londres). Le corollaire à cet exode vers la périphérie des villes est l'apparition des cités-dortoirs qui ne vivent que le soir et la nuit et sont pratiquement désertées pendant la journée, entraînant d'insolubles problèmes de transit urbain. Ces déplacements quotidiens nécessitent des voies de circulation surdimensionnées par rapport à l'échelle de l'homme physique et de la ville, engendrant des espaces résiduels véritables non-lieux intraitables d'une façon harmonieuse (les réseaux autoroutiers à l'approche des grandes villes sont des cicatrices béantes dans le tissu urbain des banlieues alors que ces dernièmes ont déjà du mal à affirmer leur statut de ville à part enti&egravere).
- la multiplication des conflits graves dans les banlieues, dont on ne trouve actuellement que des issues provisoires et superficielles. C'est une des conséquences de la désertion des habitants vers les banlieues, les personnes qui restent pendant la journée hormis les personnes âgées, les mères et les enfants, sont les personnes oisives ou sans travail, et cela mène plus facilement en particulier chez les jeunes à la délinquance.
- une explosion démographique des exclus qui cherchent refuge dans la foule urbaine, mais qui vivent complètement en décalage avec la société.
- une trop grande proportion de locaux inutilisés par rapport à la demande.

Les causes possibles de cette crise

Infrastructures: la ville ne répond plus vraiment aux besoins, elle s'est mal adaptée à l'évolution de ces derniers. Sa vocation durant ce XX° siècle à complètement changé, la régression du milieu rural a fait exploser démographiquement les villes et leur périphérie créant des problèmes réglés auparavant par le temps. La ville n'a finalement pas beaucoup évolué, alors que le mode de vie a considérablement changé. Certes les services ont évolués selon la demande mais la structure même de la ville ne s'est pas beaucoup modifiée.

Historiquement la grande majorité des villes se sont faites au fur et à mesure du temps, évoluant lentement parallèlement à un développement naturel des groupes agglomérés, et chaque fonction se mettait en place selon l'apparition des besoins, la croissance trop rapide de la population citadine n'a pas permis à la ville d'intégrer ce surcroit de monde.

Peut-on faire la ville à partir de l'architecture comme cela a été le cas ces dernières années?

Mutation de la population - "urbanautes"

Standardisation des immeubles: l'habitat coûte cher, le niveau des prestations est réduit au minimum, de plus le logement n'évolue pas: le mode de vie évolue mais la population ne veut pas toujours changer de cadre de vie, elle constitue une inertie énorme et nombres d'études sur le logement se sont très vite révélées comme étant des fiascos.